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Je t’aime

Posté par isabelled.monalisa le 10 novembre 2010

 

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Lorsque tu seras vieux et que je serais vieille,
Lorsque les cheveux blonds seront des cheveux blancs,
Au mois de mai, dans le jardin qui s’ensoleille,
Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants.
Comme le renouveau mettra nos coeurs en fête,
Nous nous croirons encore de jeunes amoureux,
Et je te sourirai tout en branlant la tête,
Et nous ferons un couple adorable de vieux.
Nous nous regarderons, assis  sous nos treille,
Avec de petits yeux attendris et brillants,
Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,
lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs.
Sur le banc familier, tout verdâtre de mousse,
Sur le banc d’autrefois nous reviendrons causer,
Nous aurons une joie attendrie et très douce,
La phrase finissant souvent par un baiser.
Combien de fois jadis j’ai pu dire  » Je t’aime! »
Alors, avec grand soin, nous le recompterons.
Nous nous ressouviendrons de mille chose, même
De petit riens exquis dont nous radoterons.
Un rayon descendra, d’une caresse douce,
Parmi nos cheveux blancs, tout rose se poser,
Quand, sur notre vieux banc tout verdâtre de mousse,
Sur le banc d’autrefois nous reviendrons causer.
Et comme chaque jour je t’aime davantage,
Aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain.
Qu’importeront alors les rides du visage,
Si les mêmes rosiers parfument le chemin ?
Songe à tous les printemps qui dans nos coeurs s’entassent.
Mes souvenirs à moi seront aussi les tiens.
Ces communs souvenirs toujours plus nous enlacent,
Et sans cesse entre nous tissent d’autres liens;
C’est vrai, nous serons vieux, très vieux, faiblis par l’âge,
Mais plus fort chaque jour je serrerai ta main,
Car, vois tu, chaque jour je t’aime d’avantage,
Aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain !
Et ce cher amour qui passe comme un rêve,
Je veux tout conserver dans le fond de mon coeur,
Retenir, s’il se peut, l’impression trop brève,
Pour le ressavourer plus tard avec lenteur.
J’enfouis tout ce qui vient de lui comme un avare,
Thésaurisant avec ardeur pour mes vieux jours.
Je serais riche alors d’une richesse rare,
J’aurais gardé tout l’or de mes jeunes amours,
Ainsi de ce passé de bonheur qui s’achève,
Ma mémoire me rendra la douceur ;
Car de ce cher amour qui passe comme un rêve,
J’aurais tout conservé dans le fond de mon coeur.
Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,
Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs,
Au mois de mai, dans le jardin qui s’ensoleille,
Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants.
Comme le renouveau mettra nos coeurs en fête,
Nous nous croirons encore aux jours heureux d’antan,
Et je te sourirai tout en branlant le tête,
Et tu me parleras d’amour en chevrotant.
Nous nous regarderons, assis sous notre treille,
Avec des yeux remplis des pleurs de nos vingt ans.
Lorsque tu seras vieux et que je serais vieille,
Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs !

Poème écrit par Rosemonde Gérard, épouse d’Edmond Rostand, mère de Jean Rostand tout simplement sublime !

Aujourd’hui, cela fait 3 ans et 2 mois que tu n’ai plus de ce monde et mon plus cher désir était de finir mes vieux jours avec toi de cette façon aussi tendre et complice.

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Cela n’existera jamais et mon deuil est fait, je souhaite qu’une chose que tu reposes en paix. Tu auras toujours une place dans mon coeur mais plus de la même manière. Car à ce jour j’ai un combat à vivre et c’est cela le plus important car mes enfants comptent avant tout.

 

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Publié dans c: Poemes | 3 Commentaires »

 

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